La redoute, le poste...

La redoute, le poste Légion et annexes

Mis à jour : mercredi 1 juin 2016 09:21
La redoute
Archives Lafite
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Vue prise de la vallée de l'oued
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Côté oued Drâa

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Premier cantonnement du goum
Poste
1946. Intérieur redoute
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Rare moment de neige à Ouarzazate

 

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1951. Vue sur la redoute de Ouarzazate côté plateau.


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70 ans plus tard, les maisons avec leurs pignons particuliers sont toujours là.
La rambarde de bois est également d'époque Protectorat.

 

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La légende au dos de la photo indiquait : 4e R.E., Poste de Ouarzazate 1932.

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Sous-officier du 4e R.E.



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Au premier plan à droite, le cimetière


Défilé légionnaire rentrant à la caserne
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1946. Dessin d'un légionnaire allemand
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Les casernements du REC en 1935
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Approvisionnement au souk

Une autre annexe

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Mauclair Camille : Les couleurs du Maroc. Ed. Bernard Grasset 1933
Voyage effectué en 1932
Et enfin à l’horizon, se rapproche une autre butte rose de granit que nous contournons jusqu’à déboucher sur une plate-forme où nous accueillent des tirailleurs noirs, des goumiers, des officiers en tenue kaki. Des garages de camions, des tentes dressées, des magasins militaires, des canons de 75 sous leurs bâches, un bâtiment central pour les services d’Etat-major : c’est Ouarzazate, le dernier poste et le dernier grand ksar important sur le chemin de l’inconnu et du risque.
Le colonel nous y accueille avec affabilité. Il y a des chambres pour les hôtes, et nous partagerons le menu du mess. Mais nous déclinons l’offre, malgré toute la bonne grâce, nuancée chez de jeunes capitaines d’une ironie imperceptible et que je perçois pourtant, et comprends. Ces homme d’élite, qui mènent ici une dure vie, se méfient un peu du touriste aux questions maladroites et plus encore de l’homme de lettres qui passe en amateur pour trouver un sujet de copie faussement pittoresque...

 


Ouarza_1938

Atelier de réparation Auto. Ouarzazate 1938



André Armandy
. Extrait de : Hommes de roc, forteresse d’argile. Librairie Alphonse Lemerre, Paris 1936

Voyage effectué probablement en mai 1934
Puis la piste s’assagit, se redressa, et nous vîmes apparaître, au bout d’une longue chaussée pierreuse que balayait le vent crépusculaire, un poste militaire édifié sur un mamelon. Nous arrivions à Ouarzazate.
L’enceinte du poste, assez vaste, s’était heureusement inspirée du style des kasbahs locales. On y accèdait entre deux grandes tours flanquées de hauts murs crénelés. Le style des baraquements intérieurs ne relèvait que du Génie militaire.
Nous étions attendus. En l’absence du chef de poste - un colonel des Affaires Indigènes qui s’occupait de la question d’Ifni - un commandant d’état-major nous accueillit avec la cordialité coutumière, et nous fit conduire par un goumier jusqu’aux chambres de passages. Elles étaient claires, propres, et leurs lits excellents. Un balcon leur était commun, d’où l’on dominait le pays et la palmeraie poussiéreuse qui pousse aux alentours de l’oued.
La situation de Ouarzazate à la jonction du Drâa, sur la frontière d’une zone trop fraîchement pacifiée pour l’être tout à fait, et que pour cela même on qualifiait de “zone d’insécurité”, en faisait une position emportante. Un bataillon du 4ème Étranger y tenait garnison. Nous devions être ce soir-là les hôtes des officiers de la Légion.
La nuit tombée, l’un d’eux vint nous chercher pour nous conduire au mess. Le commandant, marié, s’était fait excuser en nous priant chez lui pour le lendemain soir. Le président de table, capitaine adjudant-major, un garçon décidé, solide et de taille athlétique, se chargea des présentations.
Solides, tous l’étaient dans cette phalange d’officiers. Jeunes aussi, et non moins décidés; tous aussi aptes à commander le feu qu’à l’échanger, s’il en était besoin, le coup de poing. De rudes hommes qui, ne boudant point à la tâche, ne mâchaient point non plus les mots. L’un d’eux s’était tout récemment fendu la tête dans un ravin où l’avait entraîné son cheval. Le cheval s’y était tué, le cavalier assistait au dîner, le tête entourée de bandages. Des hommes !
Le mess : une salle assez grande, dans l’angle de laquelle ils avaient installé un bar. A en juger par la batterie de bouteilles rangées sur les tablettes, le rôle du barman n’était pas une sinécure. Ils nous le prouvèrent d’ailleurs en décrétant que trois apéritifs étaient de règle à la Légion.
La popote était décorée de façon amusante. J’examinais les murs où s’épanouissant librement une frise assez leste. On ne pouvait s’y tromper : l’auteur de ces pochades était celui qui avait illustré cette page du livre d’or de la cantine Tournellec sur la route du Tizi n’Test où mon compagnon de voyage avait calqué le dessin.
... Le repas continuant, les bouteilles se succédant, au dessert, on y substitua du champagne, puis des alcools qu’accompagnèrent les cigares. La conversation s’affranchit. Tout naturellement, elle s’orienta sur les femmes : - Alors, jamais d’extra ? Toujours le brouet indigène ?
C’étaient des soldats, des guerriers. La question de la femme se résumait pour la plupart d’entre eux à la satisfaction d’un besoin purement physique où le sentiment n’avait aucune part. Ils défendirent leur brouet : - Si simple ! Si aisément persuadé ! Si docile ! On se déshabitue de l’Européenne, à la longue, au point d’y renoncer lorsque l’occasion se présente. Avec elle, il faut s’attacher, ou tout au moins faire semblant. Ce n’est pas hygiénique ici pour le moral du soldat.
... Le lendemain, sur les quatre heures, un officier de la Légion vint nous chercher pour visiter le camp de la 9e compagnie, qui logeait sous tente.
Un dur coup de chergui balayait Ouarzazate. Les cimes des palmiers pliaient sous la rafale comme des parapluies retournés, les tentes claquaient comme des voiles, et le sable nous aveugla.
Un lieutenant nous fit rentrer sous sa guitoune. Un petit lit de fer; des étagères de bois blanc qui suppor-taient des livres; une natte et des cantines empilées.
... On m’emmena visiter la cuisine, puis la cantine des sous-officiers. Il fallut accepter de nouveau de la bière, entendre un disque du phono. Ces braves gens se distrayaient comme ils le pouvaient dans cette garnison de toile.

 

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1934. Les officiers de Légion s’amusent...

Le printemps est fini, l’été commence. A Ouarzazate, sur le versant saharien de l’Atlas, c’est le début de la période éprouvante. Les grandes opérations militaires sont terminées. Au pieds du poste militaire juché sur un piton, sous les tentes marabout blanches, la garnison somnole sous le grand soleil. C’est surtout des légionnaires : un bataillon, une batterie d’artillerie et toute la réserve du commandement du territoire.
A la popote on s’ennuie et l’on pense à la prochaine permission pour la France, plus ou moins lointaine pour chacun.
Un jour quelqu’un a lancé une idée, peut-être le toubib : “Si nous mettons une annonce matrimoniale dans le journal “Candide”, nous recevrons des lettres, ça pourra être drôle”.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Le scénario est vite bâti, un nom de guerre choisi, qui représentera toute la popote et une annoncé rédigée : “Jeune officier de Légion étrangère désirerait entrer en relations, en vue mariage, avec jeune fille française. Ecrire avec photo : Lieutenant Danré, 4ème Etranger, Ouarzazate, Maroc”.
Le vaguemestre est prévenu que le lieutenant Danré, c’est toute la popote. Il devra déposer le courrier sur un plateau de cuivre placé à cet effet au milieu de la table. Un règlement est institué : toute première lettre d’une correspondante sera jouée au poker dice, décachetée et lue par le gagnant à toute la popote, les photos seront vues par tous. Le gagnant s’engage à répondre à cette première lettre et reste propriétaire exclusif de la correspondante, ses lettres lui étant dorénavant remises directement et la suite ou la “non suite” ne dépendant que de lui.
Ils ont eu cent vingt réponses. Il y en avait de toutes sortes, certaines touchantes, certaines intelligentes. On y trouvait l’institutrice de campagne lasse d’une vie médiocre, la fille d’un ancien officier de l’Armée d’Afrique regrettant le Maroc, et toutes les formes du désir de l’Armée d’Afrique au Maroc, et toutes les formes du désir d’une grande aventure. Il y avait des visages charmants et d’autres très ingrats. L’ensemble, par son nombre, par cette espèce de ras de marée d’espérance, était plus émouvant que risible. Cela finit vite par lasser tout le monde.
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Service de la Poste aux Armées de Ouarzazate
Un officier se retrouva avec une entraîneuse de boite de nuit d’Oran, très brune, auprès de laquelle il se fit tuer après deux ou trois missives échangées :
Mademoiselle,
Nous retrouvons votre correspondance dans les papiers de notre camarade, le lieutenant Danré, qui vient d’être tué au cours d’un accrochage saharien... etc... sentiments attristés”.
Un seul, le toubib, profitant du peu d’intérêt des autres, se fit bien vite attribuer un lot important de tendres correspondantes. Il y eut Odile, Jacqueline, Simone, etc... et pour chacune une ou deux pages d’album de photos et une chemise de lettres classées avec la copie des réponses. Quand, au cours de l’automne, il partit pour quelques semaines en France, il avait un chapelet de rendez-vous organisés de Marseille à Lille.
Tous attendirent impatiemment son retour, mais ils n’en tirèrent pas un mot. Et puis ils ne reparlèrent plus jamais du lieutenant Danré.
Peut-être en resta-t-il, dans quelques cœurs de jeunes filles, un espoir déçu ? Ils n’avaient voulu que rire. Pour tous, l’épilogue fut plus morose que gai.


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1942. Les légionnaires ne servaient pas qu'à la pacification

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L'oued Ouarzazate en crue


Je recherche des personnes ayant eu quelqu’un de leur famille en poste à Ouarzazate ou dans son “territoire”, autant militaire que civil. Si elles veulent témoigner, ce site est à leur disposition. Textes et photos seront les bienvenus. Évidemment votre participation passera sous votre nom.
Merci pour votre attention. Jacques Gandini.

 

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Remerciements

Merci à Madame Balmigère, à Madame Decordier, à Monsieur Lafite, à Madame Kerhuel et à Pierre Katrakazos pour avoir accepté de mettre leurs archives familiales à disposition. Sauf indication contraire, les documents reproduits font partie des archives de l’auteur.