De 1930 à 1940

L'oued Drâa et la palmeraie

Mis à jour : mercredi 1 juin 2016 09:16

Issu du Haut-Atlas, depuis le Tidili opposé par ses sources au Tifnout, jusqu’aux hauts plateaux des Aït Haddidou qui partagent leurs eaux entre le Dadès et le Todgha, l’oued Draa recueille les eaux sur 200 kilomètres du versant Sud de l’Atlas.
Au point dit Imi n’Draa, à 15 km à l’Est de Ouarzazate, viennent confluer les deux branches finales d’un grand éventail qui amènent chacun :
La branche Ouest (Idermi) : l’assif Aït Douchchen, issu des Zenaga - l’assif Iriri, du Siroua - l’assif Tidili, et l’Imini, issus du Tizi n’Zarzis et du Haut Ourika, du Tizi n’Tainant et du Tizi n’Tichka - l’oued Mellah de Telouet et du Tizi n’Telouet - l’oued Ouneila, du Tizi n’Tasga et de l’Anghomer.
La branche Est (Dadès) : l’assif M’Gouna, issu du Tizi n’Aït Imi (Aït Bou Guemez) - le Dadès proprement dit, issu du Tizi n’Timerghicine.
C’est dans la partie des oueds où l’eau court en permanence que les villages se pressent. Ces oueds descendent entre deux Khelaa pour se diriger vers le grand bassin de réception : l’Ouarzazat.

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Entre ces Khelaa, ce sont de longues gorges plus ou moins tortueuses, plus ou moins étroites, s’ouvrant en cirque par endroits, puis se resserrant, mais toujours le cours de l’oued est dominé sur ses rives par de hautes falaises calcaires reposant sur de hauts glacis d’éboulis. Les Khelaa, plus découpées en réalité qu’elles ne le paraissent au premier abord, frappent cependant par une remarquable continuité de la ligne générale du relief de jadis. Elles sont uniformément inclinées du Nord vers le Sud, et toujours couronnées de la même couche de calcaires tendres parallèle à la pente générale du terrain.
Dans ces falaises calcaires, ou plutôt dans la tranche que l’on voit en suivant des oueds qui les coupent, on remarque de très nombreuses grottes de diverses dimensions et de diverses hauteurs, les unes servant encore parfois d’abris aux troupeaux, d’autres, plus hautes, à des bandes de pigeons; ces grottes sont toujours assez mystérieuses pour l’indigène et elles reçoivent le nom de “Tiguemmi n’Roumi”, terme assez généralement employé par les Berbères, chaque fois qu’ils se trouvent en face d’une particularité dont ils ne connaissent pas, ou ne s’expliquent pas l’origine.

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Tous les cours d’eau de la branche Ouest viennent confluer dans une vaste cuvette dont la partie Est est occupée par la palmeraie de Ouarzazate, effondrement de 10 kilomètres sur 30. Il semble que ce soit dans cette dépression qu’il faille chercher la limite entre le Haut et l’Anti-Atlas.
Coupée en deux par un éperon des massifs descendant de l’Ounila, cette dépression comporte deux zones de cultures et de palmeraies bien distinctes : le groupe de Tikirt, à l’Ouest, et celui de Ouarzazat à l’Est; la ligne qui les partage est jalonnée des deux points importants suivants : Afella Ifri, au Nord, Ighir n’Ououl (dit le pain de sucre de Tikirt) au Sud. A cette dernière colline, qui ne domine la plaine avoisinante que d’une centaine de mètres, on voit réapparaître les terrains anciens, annonciateurs de l’Anti-Atlas.
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Au contraire en regardant vers le Nord, on voit s’étager en échelons rectilignes les plateaux des khelaa, la base, généralement composée de terrains permotriasiques, de couleur rouge très caractéristique, le sommet formé de couches régulières de calcaires récents et plutôt tendres, de couleur blanche.
A Imi n’Draa, l’Idermi (oued de Ouarzazate) se joint au Dadès et forme enfin le célèbre Oued Draa. Le confluent, enserré dans les gorges profondément creusées de la khelaa Timikirt, a un indéniable cachet de grandeur dans sa sauvagerie; ce ne sont que des falaises et éboulis de roches noires et luisantes.
D’après un article paru en 1932, dans la revue L’Armée d’Afrique

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Archives Daniel Rodier


François Bonjean
: Au Maroc en roulotte. Hachette 1950.

Voyage effectué en 1946-47
Au bord de l’oued, la palmeraie et ses abords sont peuplés par une fraction des Aït Ouaouzguit de l’Est, les Ahl Ouarzazate, ksouriens sédentaires, mi-fellahs mi-bergers. Les circonstances historiques ont favorisé depuis des siècles en cet endroit le mélange des différents types berbères avec les Harratines et même avec les Noirs.
A cet égard, Ouarzazate se présente comme une pointe avancée du Soudan. On rencontre dans la kasbah un type de grandes et solides négresses au port de tête et à la démarche caractéristiques.
Je descends de bonne heure la colline du poste par le sentier qu’ont tracé les pieds les femmes des tirailleurs sénégalais allant laver leur linge dans l’oued. Je tombe sur le beau jardin des A.I., à la fois palmeraie, verger et potager. C’est dans ce site plus riant que s’édifiera la nouvelle ville. La route de Zagora y passe. Je l’emprunte pour traverser l’oued Ouarzazate, ou plutôt son lit, large de plus d’un kilomètre.
Cet oued, appelé encore oued Idermi, provient de la réunion à Tikirt des oueds Mellah et Imini, descendus de l’Atlas et de l’Irhiri venu de de l’énorme massif volcanique du Siroua. Son confluent avec le Dadès, à vingt kilomètres d’ici, forme le Drâa.

 

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Je recherche des personnes ayant eu quelqu’un de leur famille en poste à Ouarzazate ou dans son “territoire”, autant militaire que civil. Si elles veulent témoigner, ce site est à leur disposition. Textes et photos seront les bienvenus. Évidemment votre participation passera sous votre nom.
Merci pour votre attention. Jacques Gandini.

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